Le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie a publié les tarifs applicables du 1er au 31 août 2026 : le super sans plomb passe de 875 à 905 FCFA le litre (+30 FCFA), le gasoil moteur de 700 à 725 FCFA le litre (+25 FCFA), sur l’ensemble du territoire.
Pour un particulier qui vend deux ou trois articles par mois, l’impact est marginal. Pour qui vend régulièrement et livre lui-même, c’est un poste de coût qui mérite trente minutes de calcul — parce qu’il ronge la marge sans jamais apparaître dans le prix affiché.

Faisons le calcul sur l’hypothèse la plus courante à Bamako : une moto consommant environ 2,5 litres aux 100 kilomètres, au tarif du super.

Une remise à 5 kilomètres coûte environ 226 FCFA de carburant aller-retour. À 20 kilomètres, on est à 905 FCFA — soit le prix d’un litre entier pour une seule vente.
Ces chiffres ne comptent que le carburant. Ils excluent trois postes bien réels :
Conclusion pratique : sur une vente à 15.000 FCFA, une livraison lointaine peut consommer 10 à 15 % de la marge. Sur une vente à 5.000 FCFA, elle peut la faire disparaître entièrement.
La méthode la plus simple consiste à définir trois zones et à s’y tenir.

Un rayon court — typiquement jusqu’à 5 kilomètres — où le coût reste sous 250 FCFA et où l’inclure dans le prix simplifie la transaction. C’est aussi un argument commercial : « livraison offerte dans le quartier » convertit mieux qu’une réduction équivalente sur le prix.
Au-delà, affichez un barème simple et lisible dans l’annonce elle-même. Deux ou trois tranches suffisent. Un barème clair rassure infiniment plus qu’un « frais de livraison à discuter », qui fait craindre à l’acheteur d’être le seul à payer plus cher.
Pour les distances longues, proposez un lieu de rendez-vous central plutôt qu’une livraison à domicile. Vous divisez le trajet, l’acheteur fait la moitié du chemin, et le rendez-vous se fait dans un endroit fréquenté — ce qui répond aussi à la question de la sécurité de la transaction, que nous traitons dans notre article sur acheter et vendre via WhatsApp et Facebook sans se faire arnaquer.
C’est de loin le levier le plus efficace, et le plus sous-utilisé. Trois remises sur un même axe et une même demi-journée divisent le coût unitaire par trois. Concrètement : proposez à vos acheteurs un créneau plutôt qu’une date, et acceptez d’attendre un ou deux jours pour constituer une tournée.
Ne noyez pas le coût logistique dans le prix de l’article. Un bien correctement positionné se vend ; le même bien majoré de 2.000 FCFA de logistique invisible paraît simplement trop cher, et l’acheteur qui compare ne verra que l’écart de prix. Isolez la livraison, et laissez toujours ouverte l’option « à récupérer sur place ».
Un déplacement en moto pour livrer un chargeur de téléphone n’a aucun sens économique. Pour les petits articles, privilégiez le point de remise, le regroupement, ou l’envoi par un transporteur si vous en utilisez un régulièrement. Réservez le déplacement dédié aux ventes dont la marge le justifie.
La réponse courte est non — pas directement. La hausse du carburant touche tout le monde, y compris vos acheteurs, dont le pouvoir d’achat est comprimé au même moment. Un vendeur qui répercute mécaniquement sa hausse de coûts sur des articles d’occasion se retrouve simplement hors marché.
Ce qui bouge en revanche, et qu’il faut suivre, c’est la cote de l’occasion elle-même. Quand le carburant monte, le transport de marchandises renchérit, les biens de consommation suivent, et le prix du neuf importé finit par monter aussi. L’occasion se réévalue alors avec quelques semaines de décalage. Nous avions décrit ce mécanisme dans notre article sur la hausse du carburant et ses effets sur les prix de l’occasion.
Autrement dit : n’augmentez pas votre prix à cause de vos frais, ajustez-le en fonction du marché. Ce sont deux raisonnements différents, et confondre les deux est la meilleure façon de garder son article invendu.
Une remarque pour ceux qui vendent des deux-roues : la hausse du carburant modifie la demande à l’intérieur même du segment. Les modèles économes et les alternatives se valorisent, les grosses cylindrées se négocient plus difficilement. Ce mouvement, déjà visible lors des tensions précédentes, alimente l’intérêt pour les motos électriques et les vélos d’occasion.
Si vous vendez un véhicule ce mois-ci, mentionnez sa consommation réelle dans l’annonce. C’est devenu un argument de vente concret, au même titre que le kilométrage — et beaucoup d’annonces l’omettent encore.
Du 1er au 31 août 2026, sur l’ensemble du territoire, le super sans plomb passe de 875 à 905 FCFA le litre, soit 30 FCFA de plus, et le gasoil moteur de 700 à 725 FCFA le litre, soit 25 FCFA de plus.
Pour une moto consommant environ 2,5 litres aux 100 km, au tarif de 905 FCFA le litre, un trajet de 10 km aller-retour revient à environ 226 FCFA de carburant, et 40 km aller-retour à environ 905 FCFA. Ce calcul ne compte que le carburant, sans le temps passé ni l’usure du véhicule.
Oui. Un frais annoncé à l’avance se négocie, alors qu’un frais découvert au moment de la remise fait souvent annuler la vente. Le plus efficace est d’indiquer un rayon inclus, puis un barème simple par tranche de distance.
Groupez les livraisons sur un même axe et une même demi-journée : trois remises sur un trajet divisent le coût par trois. Proposez aussi un point de remise central, qui évite deux allers-retours au lieu d’un.
Mieux vaut isoler la livraison du prix du bien. Un article dont le prix est aligné sur le marché se vend ; le même article majoré d’un coût logistique invisible paraît simplement trop cher. Facturez le déplacement à part, et laissez à l’acheteur la possibilité de venir chercher l’article.