Vous vendez un téléphone 150.000 FCFA. L’acheteur vous paie par mobile money, vous êtes content : pas de billets à compter, pas de faux billets, une trace de la transaction. Puis vous retirez l’argent. Et là, quelques centaines de francs disparaissent — sans que vous y prêtiez vraiment attention.
Répétez l’opération trente fois dans le mois, et la somme n’a plus rien d’anecdotique. Le mobile money reste un excellent moyen d’encaisser, mais il a un prix, et ce prix a augmenté. La plupart des vendeurs le subissent sans jamais l’avoir calculé.
Cet article ne traite pas de la sécurité des paiements, mais de leur coût.

Une ordonnance du 7 février 2025, entrée en application le 5 mars 2025, a instauré une contribution spéciale de solidarité sur les télécommunications et le mobile money. Concrètement, deux prélèvements sont venus s’ajouter à ce qui existait déjà :
Point important, souvent mal compris : ce prélèvement s’ajoute aux frais de l’opérateur, il ne les remplace pas. Vous payez donc deux choses à chaque retrait.

Beaucoup de vendeurs se sont tournés vers Wave en pensant échapper à la taxe. Une décision de la DGCC de février 2026 a tranché : tous les opérateurs, Wave compris, doivent répercuter la taxe sur le client et ne peuvent pas l’absorber à leur charge.
Autrement dit, changer d’opérateur ne fait pas disparaître le prélèvement de l’État. Ce qui peut varier d’un opérateur à l’autre, ce sont les frais commerciaux — pas la taxe.
Prenons l’exemple le plus courant. Un retrait de 10.000 FCFA qui vous coûtait 100 FCFA de frais revient désormais à 200 FCFA : 100 F pour l’opérateur, 100 F pour l’État.

Le coût du retrait a donc doublé. Sur une seule opération, cela ne se sent pas. Sur l’activité d’un mois, c’est autre chose.
Voici le point que la plupart des vendeurs ignorent, et il est décisif.
Le prélèvement de 1 % est proportionnel : il représente toujours 1 % de la somme retirée, que vous retiriez en une fois ou en dix fois. Fractionner vos retraits ne réduit donc pas la taxe.

En revanche, les frais de l’opérateur fonctionnent le plus souvent par paliers : chaque retrait déclenche un frais minimum. Multiplier les petits retraits, c’est donc multiplier ces frais fixes — sans rien économiser sur la taxe.
La règle est simple : retirez en une fois plutôt qu’en plusieurs, chaque fois que c’est possible. C’est le levier le plus efficace dont vous disposez, et il ne coûte rien à appliquer.
Rien de tout cela ne signifie qu’il faut revenir aux espèces. Le mobile money vous protège des faux billets, vous évite de transporter de fortes sommes, laisse une trace en cas de contestation, et permet de vendre à un acheteur qui n’est pas dans votre quartier. Ce sont des avantages réels.

L’objectif n’est pas d’y renoncer, mais de cesser de le subir : de savoir ce qu’il coûte et d’en tenir compte dans vos prix.

Les trois plus rentables, si vous ne deviez en retenir que trois :
Un dernier point de vigilance : les barèmes évoluent. Vérifiez la grille tarifaire en vigueur de votre opérateur avant de bâtir vos calculs sur des chiffres anciens.
La contribution instaurée en 2025 vise les retraits mobile money, ainsi que les recharges de crédit à hauteur de 10 %. Les frais commerciaux de l’opérateur, eux, peuvent s’appliquer à d’autres opérations selon la grille en vigueur.
Non. Une décision de la DGCC de février 2026 a confirmé que tous les opérateurs, y compris Wave, doivent facturer la taxe au client et ne peuvent pas la prendre à leur charge. Seuls les frais commerciaux peuvent différer.
Non, et c’est l’erreur la plus répandue. Le prélèvement est proportionnel au montant : 1 % reste 1 %. En fractionnant, vous ne réduisez pas la taxe et vous multipliez les frais fixes de l’opérateur.
C’est à vous de décider, mais vous devez au minimum les connaître. Un vendeur qui encaisse tout par mobile money supporte un coût réel : l’ignorer revient à rogner sa marge sans s’en rendre compte.
Les barèmes cités reflètent les règles en vigueur depuis l’ordonnance du 7 février 2025 et la décision de la DGCC de février 2026. Vérifiez toujours la grille tarifaire à jour de votre opérateur.
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